Je suis rentré du Japon il y a une semaine, mi-avril 2026. 14 jours entre Tokyo, Kyoto, Kanazawa, Nara et Osaka. Mon carnet de voyage fait 32 pages remplies, pèse 340 g contre 210 au départ, et contient 9 goshuin photographiés, 4 billets de Shinkansen collés en bande, 7 fleurs de sakura séchées du parc Maruyama, des omamori de Meiji-jingu et Kiyomizu-dera, un billet TeamLab holographique, la diapositive 35 mm offerte au Ghibli Museum, et une feuille calligraphiée “François” → フランソワ par le gérant du ryokan Gora Kadan.
Aucune autre destination que j’ai testée — Vietnam 2022, Bali 2023, Islande 2024, Maroc 2025 — ne cumule autant de matière scrap de qualité. Le Japon, c’est la destination où le design du moindre ticket de bus surclasse 90% des cartes postales européennes. Ce guide, c’est exactement ce que j’ai ramassé, collé, séché et photographié, avec les prix en yens, les règles culturelles à respecter (les goshuin ne sont pas des stickers) et 21 idées numérotées à reproduire.
Pourquoi le Japon est la meilleure destination au monde pour un carnet scrapbook
Le Japon cumule ce qu’aucune autre destination n’offre. Un : des billets de train au graphisme soigné, kanji et logos JR, gardés en souvenir même usagés. Deux : des omamori en tissu brodé, petits amulettes de temple à coller facilement. Trois : la tradition du goshuin, sceau calligraphié à la main que personne ne fait ailleurs. Quatre : le papier washi partout, des brochures imprimées dessus jusqu’aux emballages de konbini. Cinq : des sakura séchées entre début avril et mi-avril, uniques à cette fenêtre.
Ajoute la papeterie japonaise — probablement la meilleure au monde, des Daiso à 100 yens jusqu’à Itoya à Ginza — et tu obtiens un terrain de jeu que le reste de l’Asie n’offre pas au même degré. Vietnam et Bali ont d’autres qualités (cartes de riz, billets colorés, feuilles tropicales), mais le Japon reste à part.
Le matériel que j’ai acheté sur place (Tokyu Hands, Loft, Daiso, konbini)
Mon kit de départ tenait dans une pochette plate de 280 g : carnet Leuchtturm1917 A5, 3 washi tape, un stylo gel Uni-ball, une colle stick UHU, une pochette zippée A5. J’ai complété sur place pour 2 400 yens (15€) environ.
Daiso Shinjuku (3e étage Shinjuku Mylord, sortie sud gare JR) : 3 washi tape à motifs traditionnels (seigaiha, asanoha, sakura) à 110 yens pièce. Une paire de ciseaux petits format pour le carnet (110 yens). Un bloc d’origami 30 feuilles 15×15 cm papier washi-like, motifs traditionnels (110 yens).
Tokyu Hands Shibuya (reconverti en Hands Shibuya Scramble) : stylo gel blanc Uni-ball Signo 0.7 pour écrire sur les photos sombres (220 yens, introuvable de cette qualité en France). Colle Tombow Pit-Tac, ma meilleure trouvaille du voyage — colle en ruban double-face repositionnable, idéale pour les tickets qu’on hésite à placer (350 yens).
Konbini Family Mart, 7-Eleven, Lawson : reçus en papier thermique à garder (ils sont typographiquement superbes), sachets onigiri que j’ai découpés pour les logos, serviettes en papier offertes avec les boissons chaudes. Zéro yen, matière scrap gratuite.
Les 21 idées testées sur place (avril 2026)
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Collage en bande verticale des 4 billets Shinkansen (Tokyo → Kyoto, Kyoto → Kanazawa, Kanazawa → Osaka, Osaka → Tokyo). Chaque billet coûte entre 12 000 et 14 000 yens, design identique JR, joli en série. Page 12 de mon carnet.
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Pochette kraft collée p.1 pour la Suica IC (la carte de transport Tokyo) gardée en souvenir avec 340 yens de solde résiduel perdus assumés. Meilleur placement : première page gauche, on y pense pas mais c’est le premier geste du voyage.
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Photo Instax depuis Shibuya Sky de nuit (10€ l’entrée, 12€ la recharge 10 photos Instax Mini Fujifilm). Collée légèrement en diagonale sur fond noir au feutre, légende au stylo gel blanc.
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Plan du métro Tokyo plié en accordéon sur une double page. Gratuit aux guichets des grandes gares, version française dispo à Shinjuku et Tokyo Station. Format A3 plié, parfait pour un carnet A5.
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Ticket holographique TeamLab Borderless (3 800 yens, Azabudai Hills) collé à plat — le motif change selon l’angle, effet pépite.
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Diapositive 35 mm du Ghibli Museum (1 000 yens l’entrée, diapositive offerte tirée d’un film aléatoire — la mienne vient de Porco Rosso). Glissée dans une petite pochette origami pliée moi-même.
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Bande de 14 tickets de métro Suica/Pasmo du quotidien (150 à 320 yens pièce) collés p.3 en bande verticale. Archive du budget transport au yen près.
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Plan Shinjuku annoté à main levée au dos d’un napperon d’izakaya — spots testés entourés, ratés barrés. 15 minutes de dessin grossier, plus de valeur qu’une photo.
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Étiquettes de saké de 3 brasseries (Fushimi Kyoto, Hakutsuru Nada, Ichinokura Miyagi). Décollées en trempant la bouteille dans l’eau chaude 10 minutes.
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Sachet de thé matcha Ippodo (Kyoto, 600 yens les 20 g) collé à plat après ouverture, logo bien visible.
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Feuilles origami washi-like du Daiso (110 yens les 30 feuilles) découpées en bandes de 2 cm pour encadrer des photos. Motifs traditionnels seigaiha et asanoha.
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Omamori de Meiji-jingu (santé, 800 yens) collé à la cordelette avec du double-face épais. Épaisseur 3 mm — limite haute pour un carnet A5, compter une page “bombée” assumée.
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Omamori de Kiyomizu-dera (voyage, 800 yens) collé p.16, face tissu brodé visible.
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Sept fleurs de sakura séchées du parc Maruyama (ramassées au sol uniquement, jamais sur l’arbre). Séchées entre deux feuilles absorbantes dans le carnet fermé pendant 5 jours. Collées à la colle stick avec délicatesse, couleur rose pâle tenue.
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Aquarelle rapide 15 minutes d’un torii rouge de Fushimi Inari. Je ne sais pas dessiner, c’est bancal, on s’en moque — c’est l’intention, pas l’exécution.
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Tableau vocabulaire manuscrit : français / kanji / phonétique sur une double page. Mots testés sur place (arigatō, sumimasen, oishii, kampai, irasshaimase, onegaishimasu, goshuin kudasai). Effet rétrospectif énorme : je ne me souviendrais pas de kampai dans 3 ans sans cette page.
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Rubbing d’une plaque d’égout décorée de Kyoto (il y a des motifs différents par ville, celui de Kyoto représente des irises). Carnet posé à plat sur la plaque, crayon gris frotté à plat. 5 minutes, pépite visuelle.
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Bande de 5 reçus Family Mart collés verticalement — les kanji et la mise en page du moindre ticket de caisse japonais surclassent 90% du design européen. Gratuit, trésor.
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Feuille calligraphiée “François” → フランソワ écrite par le gérant du ryokan Gora Kadan (demandée poliment au check-in). Collée en plein centre d’une double page dédiée. Gratuit, pépite absolue du carnet.
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Carte de visite de Keiichi, guide bénévole rencontré à Arashiyama (parle 4 langues, fait ça depuis 15 ans gratuitement). Échange à deux mains avec petit bow, tradition japonaise forte. Notes au dos : “meilleur quartier Kyoto selon lui = Ohara, tester en 2027”.
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Page bilan chiffres du voyage : 187 km à pied sur 14 jours, 9 goshuin, 32 pages de carnet, 340 g au retour, 2 384€ dépensés (hors vol), ramen le mieux noté de ma vie (Ichiran Shibuya, 9,2/10).
Goshuin : la tradition qu’aucun autre pays n’offre
Le goshuin (御朱印) est un sceau calligraphié à la main par un moine ou une miko, dans un livret dédié appelé goshuincho. Chaque temple, chaque sanctuaire a son propre design, souvent deux ou trois variantes saisonnières. Coût : 300 à 500 yens pièce. Temps : 2 à 5 minutes d’attente pour le recevoir.
J’ai acheté mon goshuincho au premier temple, Senso-ji Asakusa (2 500 yens, couverture bois clair, 48 pages). Disponibles dans la plupart des temples et sanctuaires entre 2 000 et 3 500 yens — tissu, bois, papier décoré. On choisit à la couverture, on ne se trompe pas.
Mes 9 goshuin en 14 jours, dans l’ordre : Senso-ji (Tokyo, Asakusa) — Meiji-jingu (Tokyo, Harajuku) — Fushimi Inari Taisha (Kyoto) — Kiyomizu-dera (Kyoto) — Kinkaku-ji (Kyoto, rare car souvent fermé aux goshuin en haute saison, j’ai eu de la chance) — Ryoan-ji (Kyoto) — Todai-ji (Nara) — Kasuga-taisha (Nara) — Kenrokuen voisin (Kanazawa).
Règle culturelle à connaître avant : on ne feuillette pas son goshuincho en public, on ne le pose pas au sol, on ne superpose pas de pages décoratives scrap dedans. C’est un objet sacré, pas un carnet de voyage. À garder séparé du carnet scrap. Ce que je fais : photos des goshuin collées dans mon carnet voyage, le goshuincho lui-même rangé dans son étui à part. J’ai tenté le washi tape par-dessus un goshuin humide sur un carnet précédent (pas sur le goshuincho, sur une photo), raté — la calligraphie est ressortie par capillarité.
Washi tape : de l’adhésif au papier de riz authentique
Le washi tape vient du Japon, c’est du ruban adhésif en papier de riz, facile à repositionner, couleurs pastel, rouleaux de 10 à 20 mm. En France on paie 1 à 3€ le rouleau chez Cultura ou Action. Au Japon, chez Daiso c’est 110 yens (0,70€) avec une qualité supérieure et des motifs traditionnels authentiques qu’on ne trouve pas ailleurs.
Les 3 motifs à ramener d’un voyage au Japon :
- Seigaiha (vagues bleues superposées) — symbole de chance et de longue vie
- Asanoha (feuilles de chanvre géométriques) — protection des enfants
- Sakura (cerisiers) — printemps, éphémère
Mes 3 rouleaux Daiso achetés à Shinjuku ont duré tout le carnet, soit 14 jours × 2 pages/jour environ. Il me reste 40% à la fin.
Billets, tickets et papiers à coller (mon inventaire complet)
Mes 23 items ramenés et collés, prix payés :
- Suica IC card (dépôt 500 yens + 2 000 yens crédit, crédit résiduel 340 yens conservé en souvenir)
- 4 billets Shinkansen (environ 13 000 yens pièce via JR Pass 14 jours à 490€, donc “gratuits” dans le Pass)
- Ticket TeamLab Borderless (3 800 yens)
- Ticket Ghibli Museum (1 000 yens + diapositive 35 mm offerte — trésor)
- Ticket Shinjuku Gyoen (500 yens, jardin sakura parfait le matin à 9h)
- Ticket Kenrokuen Kanazawa (320 yens, un des trois plus beaux jardins du Japon)
- 14 tickets métro Suica/Pasmo (150 à 320 yens pièce)
- 2 omamori (800 yens chacun, Meiji-jingu et Kiyomizu-dera)
- 3 étiquettes de saké (gratuites, décollées à l’eau chaude)
- 3 washi tape Daiso (110 yens pièce, Shinjuku)
- 30 feuilles origami washi-like (110 yens, Daiso)
- 1 feuille washi authentique Haibara Ginza (1 200 yens, motif sakura doré)
- 7 fleurs de sakura séchées (gratuites, parc Maruyama Kyoto)
- 5 reçus Family Mart (gratuits, typographiquement superbes)
Total dépensé en “matière scrap” hors tickets obligatoires : environ 3 200 yens (20€).
Mise en page inspirée de l’esthétique japonaise (5 principes)
Le design japonais traditionnel se transpose directement au scrapbooking :
1. Le ma (間) — laisser de l’espace vide. Ne pas tout remplir. Une page avec 1 ticket Shinkansen + 2 lignes “Tokyo → Kyoto, 291 km/h vu sur l’appli, 2h22 porte à porte” est plus belle qu’une page saturée.
2. Asymétrie — coller les éléments en biais plutôt qu’à plat. Ticket Shinkansen légèrement diagonal, photo Instax décalée. Dynamise visuellement sans effort.
3. Washi tape à motifs traditionnels — seigaiha, asanoha, sakura. À acheter au Japon (Daiso), pas en France.
4. Encadrement épuré — photos sur fond blanc, pas de cadres chargés, pas de stickers multiples.
5. Calligraphie locale — demander poliment à un moine (dans le goshuincho) ou à un hôtelier (sur une feuille volante) d’écrire votre prénom en katakana phonétique. Gratuit, 5 minutes, pépite absolue. J’ai fait écrire “François” → フランソワ par le gérant du ryokan Gora Kadan. Il a utilisé un pinceau, papier washi, signé même.
Les 4 erreurs que j’ai faites au Japon (pour que tu les évites)
Erreur 1 : colle stick française sur papier washi japonais. Le papier washi est plus fin que le papier européen, la colle stick UHU traverse légèrement. Solution : colle Tombow Pit-Tac achetée chez Tokyu Hands (350 yens), ruban double-face repositionnable.
Erreur 2 : avoir pris le goshuincho trop tard. Je l’ai acheté au temple Senso-ji jour 2 — résultat, les goshuin de mon jour 1 à Shibuya-jinja sont manquants. Prends-le au premier temple visité, systématiquement.
Erreur 3 : avoir cueilli une sakura sur l’arbre (tentation jour 3, parc Ueno). Un vieux monsieur japonais m’a lancé un regard qui m’a fait reposer la branche. Règle stricte : uniquement au sol, jamais sur l’arbre. Les Japonais considèrent l’arbre sacré pendant hanami.
Erreur 4 : avoir voulu coller un omamori sans double-face épais. L’épaisseur de 3 mm a fait gondoler la page opposée. Solution : double-face 1 mm Tombow + une page “sacrifiée” opposée qu’on laisse vide.
Pour aller plus loin
Cet article traite de la matière scrap ramenée du Japon. Pour préparer ton voyage (itinéraire 14 jours, visa, JR Pass, sakura timing, budget), lis le guide complet Japon 2026 : 7000+ mots, budget 3200€ par personne testé en tier premium, logistique détaillée Tokyo-Kyoto-Kanazawa-Nara-Osaka.
Si tu veux d’abord maîtriser la méthode générale avant d’attaquer le Japon, le guide Comment faire un carnet de voyage scrapbooking donne le matériel à 20€, la routine 10-15 min par jour et les 10 pages qui marchent à tous les coups.
Pour d’autres idées applicables aux autres destinations asiatiques testées, voir mes carnets Thaïlande 2026 et Vietnam 2026 — le premier carnet en 2022, celui plein d’erreurs que je refais aujourd’hui sans me planter.
Le carnet ScrapbookVoyage (5-7€, papier 140g, format A5 conçu pour le collage, en pré-lancement) est pensé pour cumuler 30+ pages sans gondoler — l’objet qui manquait à mon Leuchtturm pour le Japon. Rejoindre la liste d’attente.